CHRONOLOGIE

vendredi 19 juin 2015
par  webmestre
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CHRONOLOGIE

1 – Annonce d’un débat à Saint-Denis avec Guylain Chevrier le 27 mai à 19h par l’Observatoire de la laïcité,
2 - Email de Jean Brafman en date du 27 mai à 13h36,
3 - Communiqué de l’Observatoire de la laïcité : « DEBAT INTERDIT À SAINT DENIS »,
4 - Article de Marianne en date du 30 mai 2015,
5 – Edito du Journal de Saint-Denis N°1045 en date du 3 juin 2015,
6 - Article du Journal de Saint-Denis N°1045 en date du 3 juin 2015,
7 – Droit de réponse de Jean Brafman à l’article du Journal de Saint-Denis,
8 – Nous publions ce droit de réponse par D. Sz du Journal de Saint-Denis,
9 - Communiqué de la ligue des droits de l’Homme de St-Denis/Plaine Commune,
10- Communiqué de la section de Saint-Denis du PCF suite à l’interruption d’un débat de l’observatoire dionysien de la laïcité,
11- Communiqué d’ENSEMBLE Saint-Denis concernant l’annulation du débat organisé le 27 mai par l’Observatoire de la laïcité,
12 - Réponse au communiqué malveillant d’ENSEMBLE Saint-Denis, qui justifie la censure et la violence contre la Conférence sur la laïcité du 27 mai dernier, à la mairie de Saint-Denis par Guylain Chevrier,
13 - Le Mouvement Républicain et Citoyen de Saint-Denis constate que les libertés sont menacées à Saint-Denis,
14- Communiqué du Conseil National des Associations Familiales laïques,
15 - Communiqué de la section et des élus PS de Saint-Denis,
16- Communiqué de l’Union des Familles Laïques,
17 - Je soutiens l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis ainsi que Guylain Chevrier par Djemila Benhabib,
18 - Déclaration de Jean Brafman : LE RETOUR DE « AU PILORI » ?,
19 - Diffamation, calomnie et délation à l’encontre de Jean BRAFMAN et du MRAP,
20 – Expliquons-nous : Réponse aux détracteurs de la Conférence organisée par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis sur la laïcité, le 27 mai dernier par G. Chevrier.

1 - Combat laïque, combat social combats indissociables
Avec Guylain Chevrier

Docteur en histoire, enseignant en histoire et politiques sociales, chargé d’enseignement à Paris XIII. Militant ouvrier avant d’avoir été historien, républicain laïque engagé, ancien membre de la mission laïcité du Haut conseil à l’intégration (2010-2013

2 - Email de Jean Brafman en date du 27 mai à 13h36
Il y a ce soir une initiative avec un débat sur la laïcité.
Pourquoi pas dans le cadre des conceptions diverses a ce sujet.
Mais l’intervenant unique est Guylain Chevrier, issu de Riposte laïque dont on connaît l’obsession anti-musulmane (voir la plainte déposée par le Mrap). Il exprime, y compris en étant mis en valeur par eux, des idées proches de celles de l’extrême-droite : refus de la "repentance", négation de la célébration de l’abolition de l’esclavage, du rôle de la police française dans la rafle du vel d’hiv... Etc...
Cela pose donc un problème : n’y a t-il pas une pénétration des idées d’extrême-droite par ces biais.
Av
Cela a lieu à la mairie à 19h.
Que faisons-nous : laisser faire, s’y rendre en portant la contradiction, empêcher l’initiative, faire annuler ?
Avec des militants laïques qui n’ont pas forcément mesuré la logique destructrice pour les valeurs de gauche de tout cela ?
Cordialement - Jean Brafman

3 - Communiqué de l’Observatoire de la laïcité : « DEBAT INTERDIT A SAINT DENIS.
Un groupe d’individus menaçants a empêché la tenue de la réunion-débat sur la laïcité organisée par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis le mercredi 27 mai à l’Hôtel de ville.
L’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis organisait le 27 mai à Saint-Denis une conférence-débat sur le thème : “Combat laïque, combat social : indissociables”, avec Guylain Chevrier, chargé d’enseignement à l’Université, formateur en travail social, ancien membre du Haut conseil à l’intégration, républicain engagé et militant de la gauche laïque, membre du Comité Laïcité République.
Guylain Chevrier ainsi que les organisateurs et les participants à la réunion ont été insultés, diffamés, agressés par ces individus qui ont empêché que se tienne notre initiative. Un courriel mensonger et diffamatoire de Jean Brafman (animateur d’un collectif dionysien contre l’extrême-droite et soutien des Indigènes de la République) avait circulé dans l’après-midi pour organiser cette agression qui visait en réalité le thème abordé, « la laïcité ».
On a pris le prétexte que notre intervenant a écrit à une autre époque sur le site Riposte laïque. Ce site a depuis rejoint l’extrême droite, ce que Guylain Chevrier a condamné sans ambiguïté publiquement en 2010 ! On sait combien les amalgames sont toujours le fait des extrêmes pour justifier leur violence contre la liberté.
Les responsables de la municipalité ont été incapables de rétablir la liberté d’expression dans la salle du conseil municipal mais les organisateurs ont décidé de suspendre la réunion pour éviter tout débordement.
La démocratie a été bafouée au sein même de l’Hôtel de Ville. Il s’agit là d’une nouvelle atteinte à la laïcité, au vivre-ensemble et aux valeurs républicaines.
La municipalité doit condamner.

4 - Marianne - "Une réunion publique sur la laïcité censurée à la mairie de Saint-Denis"

Il y a des mots qu’on ne peut pas dire à Saint-Denis. Comme ceux-ci : « La laïcité, c’est l’affirmation que ce qui nous fait égaux, la loi, la politique, la démocratie, la Nation, la République, sont au-dessus de ce qui nous différencie, les religions, les origines diverses, les cultures régionales, sans pour autant les mépriser, bien au contraire. » Ou encore ceux-ci : « La dimension sociale de la République est étroitement liée au principe de laïcité, c’est-à-dire à l’égalité d’accès aux mêmes droits, particulièrement les droits sociaux et de traitement des personnes indépendamment de l’origine, la couleur, la religion. » Ces mots-là, l’historien Guylain Chevrier, ancien membre de la mission laïcité au Haut Conseil à l’intégration, n’a pas pu les prononcer mercredi soir. Invité par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis à animer une conférence publique dans la salle du conseil municipal de la ville, cet intervenant régulier dans les médias (Europe 1, iTélé, ou encore Marianne) s’est vu dénier le droit de parler devant cinquante personnes dans une enceinte de la République.
Avant même qu’il ne débute son intervention, un groupe d’individus l’a violemment pris à partie. « Une dizaine de types ont commencé à me traiter de négationniste, de facho, raconte Guylain Chevrier à Marianne. L’un d’eux a même écrasé un œuf sur le texte que j’avais préparé. “Venez dehors, on va vous taper !”, beuglaient-ils. Quelques élus de la municipalité sont venus voir ce qu’il se passait et devant le tumulte, ils ont décidé de tout annuler. »
Le tort de Guylain Chevrier, aux yeux de ses censeurs en blouson noir ? Avoir été l’un des piliers de Riposte laïque, un journal en ligne qu’il a quitté le 4 juin 2010 quand celui-ci commença à verser dans une complaisance évidente avec l’extrême droite. Un départ sur lequel il s’est longuement expliqué à l’époque. Qu’importe : pour le Collectif dionysien contre le FN et l’extrême droite, la parole de Guylain Chevrier, militant de gauche passé par le PCF et la CGT, est définitivement nulle et non avenue. Dans l’après-midi, l’animateur de ce collectif, Jean Brafman, lui même membre du Front de gauche, avait envoyé un mail à ses contacts pour les alerter sur la présence de Guylain Chevrier à cette réunion. « Que faisons-nous : laisser faire, s’y rendre en portant la contradiction, empêcher l’initiative, faire annuler ? », s’interrogeait-il gravement. La petite troupe dépêchée spécialement sur place a répondu d’elle-même.
Contacté par Marianne, Antoine Bussy, le directeur de cabinet du maire communiste de Saint-Denis, s’est refusé à condamner cette censure sauvage : « Nous regrettons que l’échange n’ait pas eu lieu. C’est triste, mais on n’allait pas non plus appeler le GIGN... La mairie a mis à disposition cette salle, sans savoir qui serait l’intervenant. Ce n’est pas quelqu’un qu’on aurait invité nous-mêmes. On a pêché par excès de confiance. Par ailleurs, le format “conférence” n’est sans doute pas le plus adapté au progrès démocratique. Il aurait mieux valu un débat, pour avoir des positions nuancées... » Dans la conclusion de son texte mis en ligne, faute de mieux, par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis, Guylain Chevrier explique : « Céder à la division du communautarisme, ce serait diviser les forces sociales qui ont permis la conquête de nos acquis sociaux et les livrer aux forces qui sont en embuscade pour les remettre en cause. Ce serait aussi donner des arguments en faveur du hold-up que le FN fait sur la laïcité, qu’il utilise pour désigner l’étranger et le musulman comme responsable de tous les maux. » Une position pas assez « nuancée » pour Didier Paillard, le maire de Saint-Denis ?
Arnaud Bouillin - Le 30 mai 2015

5 - L’édito : La laïcité mérite mieux
Écrivons le tout net. Le coup de force contre une réunion organisée par l’Observatoire de la laïcité (lire page 3) est contraire au respect des libertés publiques et à la démocratie. Cette intrusion est aussi révélatrice d’un grand capharnaüm idéologique. Car, dans la salle du conseil municipal, le 27 mai au soir, le face à face opposait souvent des hommes et des femmes qui défilent dans les mêmes cortèges pour défendre les droits sociaux ou pour se dresser contre l’extrême droite. Certains mettent sûrement le même bulletin de vote dans l’urne... Ce qui s’est passé est inacceptable pour une autre raison : la laïcité - sa vision, son interprétation, son application concrète pour la vie ensemble – demande écoute réciproque et sérénité dans les échanges, confrontation ferme mais apaisée des points de vue. Bref, l’inverse du triste spectacle offert qui a choqué celles et ceux qui s’y sont trouvés mêlés contre leur gré. L’idée de l’organisation d’un débat contradictoire sur le sujet grandit. C’est tant mieux.

Le Journal de Saint-Denis – D. Sanchez le 02-Juin-2015.

6 - L’Observatoire de la laïcité privé de débat
Des opposants à une réunion sur le thème de l’indissociabilité entre le combat laïque et le combat social avec Guylain Chevrier en ont empêché la tenue. 
L’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis organisait mercredi 27 mai, dans la salle du conseil municipal, une conférence-débat sur le thème « Combat laïque et combat social indissociables ». L’échange de points de vue s’est rapidement transformé en bordées d’injures et de menaces proférées à l’encontre des organisateurs par des militants déterminés à empêcher la tenue de cette initiative, qui sont parvenus à leur fin. 
Guylain Chevrier, le conférencier choisi par l’Observatoire, était la principale cible des manifestants. Quand il a voulu s’exprimer, après les interventions de l’adjointe au maire Zaïa Boughilas et celles de deux membres de l’Observatoire, il n’a jamais pu le faire. Les militants opposés au débat reprochent à M. Chevrier ses liens avec Riposte laïque classée à l’extrême droite. Les organisateurs expliquent dans un communiqué que le conférencier invité n’a plus aucune relation avec ce site et qu’il l’a « condamné sans ambiguïté publiquement en 2010 ».

« Démocratie bafouée »
L’Observatoire estime surtout que « la démocratie a été bafouée au sein même de l’hôtel de ville » et qu’il s’agit là « d’une nouvelle atteinte à la laïcité, au vivre ensemble et aux valeurs de la République ». Il affirme que « la municipalité doit condamner fermement ces agissements et s’engager à assurer la liberté d’expression à Saint-Denis ». Une vidéo qui circule sur la Toile montre que le directeur du cabinet du maire s’est employé à ce que le débat puisse se tenir, mais sans y parvenir. 
Plusieurs témoins écœurés par ce triste spectacle mettent en cause des militants du squat l’Attieké et le communiqué de l’Observatoire de la laïcité accuse de son côté Jean Brafman, présenté comme « animateur d’un collectif dionysien contre l’extrême-droite et soutien des Indigènes de la République », d’être à l’origine des incidents. L’Observatoire lui reproche « un courriel mensonger et diffamatoire [qui] avait circulé dans l’après-midi pour organiser cette agression qui visait en réalité le thème abordé, la laïcité ».
D.Sz – Journal de Saint-Denis.

7 - Droit de réponse de Jean Brafman - 7 juin 2015
Le JSD, distribué partout le 3 juin 2015, contient un article sur l’annulation du débat organisé par l’Observatoire de la laïcité le 27 mai me mettant nommément en cause.
Je tiens à protester et demande une mise au point.
Cet article ne respecte pas les fondamentaux du journalisme. Un seul point de vue a droit à une expression, celui de l’Observatoire de la laïcité. Les personnes présentes qui sont venues critiquer –comme moi-, voire pour certains s’opposer à ce débat ne sont pas interrogées. Ma mise au point et les réactions depuis lors sont renvoyées sur le site. Un vrai travail journalistique nécessite de confronter les points de vue et les descriptions des faits. Ne faisant pas cela, l’article est à charge contre moi et contre ceux qui n’ont pas accepté qu’un militant proche de l’extrême droite vienne s’exprimer en Mairie.
Je suis accusé d’être l’instigateur des perturbations et d’être un fidèle soutien des Indigènes de la République. Ni l’un, ni l’autre ne sont vrais. Le journaliste n’a pas cherché à vérifier ses écrits. A aucun moment il ne m’a été demandé mon point de vue. La déclaration des Antifascistes de Saint-Denis, qui ont indiqué avoir empêché le débat, est claire : je n’en suis pas responsable, pas plus que le collectif contre le FN et l’extrême-droite. Cette mise en accusation publique, sans investigation et sans fondement précis, constitue un préjudice important contre ma personne puisque les sites d’extrême-droite et Marianne s’en sont emparés. Riposte Laïque, proche du FN et des Identitaires, a même produit un article rendant hommage à Mr Guylain Chevrier, le « conférencier », comportant les photos d’Hitler et de Mélenchon et avec comme titre diffamatoire : « L’islamo-collabo-stalinien Brafman empêche Guylain Chevrier de parler laïcité ». Si l’Observatoire de la « laïcité », sous couvert d’une vision de la laïcité usurpée, porte une responsabilité première dans ces fausses accusations, le relais effectué par le JSD n’a pas été sans effet et je le regrette.
Partisan d’un vrai débat sur la laïcité sans lien avec l’extrême-droite et refusant toute agression vis-à-vis des musulmans comme d’autres groupes de la population (Mr Chevrier en 2009 dans Riposte Laïque s’est distingué sur ce plan à propos du Ramadan), je souhaite que cette clarification serve le vivre ensemble qui est notre richesse et à mobiliser contre les idées nauséabondes de l’extrême-droite, malheureusement en développement aujourd’hui.

8 - Nous publions ce droit de réponse conformément à l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
Si M. Brafman dénonce un article à charge, nous constatons qu’il se décharge d’une partie de la réalité. Il ne fait en effet référence à aucun moment au courriel qu’il a envoyé le jour du débat et dont la teneur lui a valu d’être cité nommément par l’Observatoire de la laïcité.
D. Sz, rédacteur en chef du Journal de Saint-Denis.

9 - Communiqué de la Ligue des droits de l’Homme Saint-Denis/Plaine Commune :
Suite à l’interruption de la conférence-débat prévue le 27 mai dans la salle du Conseil municipal de Saint Denis, la section LDH de St Denis Plaine Commune rappelle son attachement à la liberté d’expression et de réunion ainsi qu’à la laïcité telle que définie par la loi de 1905. Elle dénonce les insultes et attaques personnelles intervenues dans ce contexte. Elle appelle au respect des valeurs de la République ! (Saint-Denis, le 2 juin 2015).

10 - Communiqué de la section de Saint-Denis du PCF suite à l’interruption d’un débat de l’observatoire dionysien de la laïcité
Depuis quelques jours une polémique prend de l’ampleur suite à l’interruption d’un débat, organisé par l’observatoire dionysien de la laïcité, dont le principal intervenant était Ghylain Chevrier.
Un débat malheureusement rendu extrêmement sensible, sur fond de vives tensions orchestrées et habilement entretenues depuis plusieurs années par les gouvernements successifs, les fondamentalistes religieux, l’extrême droite et ses métastases.
Au cœur des crispations, un affrontement supposé et une fois de plus largement orchestré entre islam et laïcité, islam et république. Un raccourci que le PCF dénonce avec force.
Le débat légitime autour de cette notion fondamentale pour la démocratie qu’est la laïcité prend des allures d’affrontement entre des camps barricadés avec chacun leurs épouvantails et leurs héros. La laïcité est de plus en plus utilisée comme paravent pour légitimer des idées racistes pétries de préjugés tout comme la lutte contre l’islamophobie ou le « Laïcisme » (sic) peut servir des desseins communautaristes, sectaires.
L’incapacité de dialoguer est, quoi qu’il en soit, un signe inquiétant et très symbolique de la crise politique que nous traversons. Le premier impératif est de dépassionner le débat pour réussir à raisonner à nouveau ensemble. Une tâche ardue notamment pour des gens qui ont vécu, parfois dans leur chair, la violence terrible qu’engendre l’intégrisme religieux quel qu’il soit.
Le PCF avait organisé le 28 janvier 2014 un débat sur la laïcité auquel avaient participé des personnes de toutes obédiences en présence de Jacques Bénézit (commission laïcité et relation au croyant du PCF), Nordine Idir (Secrétaire général du mouvement jeune communiste) et Jaklin Pavilla (adjointe au Maire). Dans l’assistance des membres de l’observatoire et certains de ceux qui le mettent aujourd’hui en cause avaient pu s’exprimer lors d’un débat contradictoire de qualité.
Le PCF de Saint-Denis déplore donc l’interruption de ce débat qui avait sa place dans la maison du peuple qu’est l’hôtel de ville et organisé par des personnalités connues, des militants locaux, qu’il est facile d’interroger sur leurs motivations. La présence d’un intervenant contesté et sans doute contestable aurait dû être combattue s’il y avait lieu dans l’argumentation. Il parait également important sur des sujets devenus malheureusement sensibles d’être attentif aux personnalités intervenant dans ces débats.
Nous condamnons également avec la plus grande fermeté les insultes et accusations proférées contre Jean Brafman à qui nous apportons notre soutien et notre solidarité. Nous condamnons tout aussi fermement toute tentative de récupération à des fins politiques de cet événement et les manipulations grossières de la part de médias de plus en plus tangent.
Notre ville est une des plus diverses de France, l’une des plus jeunes aussi. Pour qu’elle reste forte de sa diversité plutôt qu’affaiblie et divisée il faut remettre le dialogue au cœur de nos démarches. Le PCF est engagé dans ce sens et souhaite être force de cohésion.
Les attentats de janvier avaient conduit beaucoup d’entre nous à revendiquer un sursaut de solidarité pour protéger les croyants des amalgames et affirmer des valeurs essentielles et particulièrement la fraternité. La majeure partie de la population subit la situation, les politiques répressives, la crise sociale et les tensions grandissantes. Le rôle des organisations politiques, associatives et syndicales doit, plus que jamais, permettre d’élargir la réflexion dans un contexte apaisé.

11 – Communiqué d’ENSEMBLE Saint-Denis concernant l’annulation du débat organisé le 27 mai par l’Observatoire de la laïcité
Ce mercredi 27 mai, l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis a organisé, dans la salle du conseil municipal, un débat sur le thème "Combat laïque, combat social : indissociables" avec comme intervenant principal Guylain Chevrier.
Le débat a tourné court : une grande partie des présents contestant à monsieur Chevrier la légitimité d’intervenir, au vu de son parcours militant pour le moins trouble.
Nous sommes inquiets du choix de cet orateur par les organisateurs du débat et du caractère hautement provocateur d’avoir demandé la salle du conseil municipal.
L’événement a été abondamment commenté. Plusieurs de ces commentaires mettent notamment en cause, de manière insupportable, notre camarade Jean Brafman.
Ensemble Saint-Denis veut, en cette occasion, rappeler ses positions même si le débat qui traverse la société autour des questions liées à la laïcité est complexe, et trop souvent caricatural.
Guylain Chevrier en est la parfaite illustration qui, sous un vernis de gauche, et après avoir frôlé pour le moins la ligne jaune, lorsque le groupe Riposte laïque dont il est issu, a passé alliance avec les fascistes du Bloc identitaire, n’en a pour autant pas fini de recycler les concepts nauséabonds de "racisme anti-blanc" (cher aux néo-conservateurs à la française), et autres "refus de la repentance" (s’agissant des crimes coloniaux de l’Etat français !).
Sa nomination à de hautes fonctions "républicaines" par le président Sarkozy ne plaide pas non plus pour l’apaisement du débat.
Force est de constater qu’aujourd’hui la laïcité est trop souvent instrumentalisée au profit d’une islamophobie qui, initiée par l’extrême droite et reprise au bond par la droite, gangrène désormais les rangs d’une certaine gauche.
Les actes graves ou véritablement horribles d’une infime minorité de fascistes osant se réclamer de l’islam, ne doivent pas nous faire oublier que les musulmans de ce pays font l’objet de discriminations intolérables et quotidiennes.
Qu’en cela ils font partie de la cohorte de boucs émissaires que les dominants inventent sans cesse pour diviser notre camp social. Pour ce qui nous concerne, nous refusons de tomber dans ce piège et nous dénonçons et combattons ceux qui, comme Guylain Chevrier, en parfaite connaissance de cause, se font les auxiliaires zélés de ces opérations de diversion.
Certes, ni plus ni moins que n’importe quelle autre religion, l’islam peut être l’arme de forces réactionnaires qui, dans la période de crise que nous connaissons, relèvent la tête comme l’ont assez montré les "manifs pour tous" et autres "journées de retrait de l’école".
Mais non, mille fois non, l’islam n’est pas, par essence, incompatible avec les valeurs de progrès et d’émancipation humaine. Et oui, athées ou croyants, nous devons construire ensemble nos luttes contre toutes les exploitations, contre toutes les dominations, contre tous les racismes.
Ensemble Saint-Denis, le 29 mai 2015.

12 - Réponse au communiqué malveillant d’ENSEMBLE Saint-Denis, qui justifie la censure et la violence contre la Conférence sur la laïcité du 27 mai dernier, à la mairie de Saint-Denis.
Par Guylain Chevrier

Le groupe qui se fait appeler « ensemble » vient de diffuser un communiqué auquel j’entends directement répondre puisqu’il me met en cause. Il s’inscrit dans le prolongement des élucubrations à caractère calomnieux de ce M. Brafman (1), à l’origine des provocations qui ont amené à interrompre la Conférence à laquelle je participais ce 27 mai dernier, en mairie de Saint-Denis.

Pour donner des allures de légitimité à ce coup de force, on invoque dans le communiqué qu’il y aurait eu « une grande partie des présents contestant à monsieur Chevrier la légitimité d’intervenir, au vu de son parcours militant pour le moins trouble. » ce qui évidemment faux. Une cinquantaine de personnes étaient présentes pour cette conférence et c’est une poignée d’une dizaine de provocateurs s’agitant en hurlant, en insultants, en menaçant, des gants aux poings pour montrer qu’ils étaient là pour en découdre, autour de M. Brafman qu’ils connaissaient à l’évidence bien, que la Conférence n’a pu avoir lieu comme il était attendu. Une situation qui a poussé des personnes à quitter les lieux face à l’instauration de ce climat de peur. Mais il y aurait-il eu plus de perturbateurs que de personnes voulant voir se dérouler cette conférence, cela ne retire rien au caractère liberticide de cette opération. Quant à l’argument me désignant comme un « militant au parcours pour le moins trouble », on voit là utilisée la méthode de l’insinuation qui vise à atteindre la réputation avant même toute idée de contenu, sur le mode de la délation. Méthode peu reluisante dont est englué ce texte.
On se plaint que « de manière insupportable », M. Brafman soit mis en cause. Mais il est clairement établi qu’il a lancé un appel à empêcher la tenue de cette conférence sur un réseau dont font partie les provocateurs, sur les mêmes arguments que ce communiqué pour le moins trompeur, qui soutient la même chose pour justifier l’injustifiable : Une attaque contre les libertés !
On dit pour encore justifier l’injustifiable, que je serai la parfaite illustration d’une caricature de la laïcité. Caricature ou pas de la laïcité que je serai, ils s’arrogent le droit de juger ce qui est bon ou pas et qui a droit de cité ou pas à Saint-Denis. Cette ville serait-elle devenue une zone de non droit sous le contrôle d’un groupe de pression sur le modèle des dictatures ? Pour prouver l’improuvable et se donner raison, on entend jeter la confusion par ce genre de formule : « après avoir frôlé pour le moins la ligne jaune, lorsque le groupe Riposte laïque dont il est issu, a passé alliance avec les fascistes du Bloc identitaire… » Cette phrase où les temps se contredise volontairement pour ne plus savoir ce qui est de l‘ordre du présent ou du passé, vise à faire avaler la pilule selon laquelle j’aurai été présent à Riposte laïque lors de son alliance avec les identitaires, ce qui relève véritablement de la pure manipulation ! J’ai quitté Riposte laïque avant sa dérive extrême droitière que j’ai clairement condamnée en 2010, dans un article encore en ligne sur le site Agoravox, en libre accès (Apéro saucisson-pinard, épilogue : la laïcité, pour un tout autre combat ! publié mardi 20 juillet 2010).
On poursuit en disant qu’il (moi) « n’en a pour autant pas fini de recycler les concepts nauséabonds de "racisme anti-blanc" (cher aux néo-conservateurs à la française) ». Il n’y a rien de nauséabond à dénoncer, tout autant qu’un racisme envers l’étranger, celui envers les blancs dans certains quartiers très communautarisés. C’est un fait constaté par journalistes et sociologues, voire l’ouvrage Fractures françaises de Christophe Guilluy, à qui le Premier ministre a fait référence lorsqu’il a plaidé en faveur des quartiers marqués selon lui par un « apartheid territorial, social, ethnique », expression outrancière certes, mais qui visait à la prise de conscience d’un risque d’éclatement de notre cohésion sociale. On m’accuse du "refus de la repentance" (s’agissant des crimes coloniaux de l’Etat français !). » On utilise à nouveau la méthode des amalgames pour me faire un procès d’intentions afin d’éliminer le débat d’idées. Comme un certain nombre de mes collègues historiens, et c’est un débat sérieux parmi nous, je suis contre la repentance mais aussi contre le colonialisme, ce qui n’a rien à voir. La repentance conduit à l’idée de réparation en direction de personnes issues de l’immigration des anciennes colonies françaises, alors que précisément la République a su dépasser ses contradictions en reconnaissant les indépendances et en donnant à tous les mêmes droits, ce qui a toujours été la revendication de ceux qui ont milité dans le sens de l’émancipation des peuples dont je suis. Les Français d’aujourd’hui qui sont multicolores, n’ont aucun compte à rendre à cette histoire qu’ils n’ont pas faite, parce que l’on ne refait pas l’histoire, elle avance heureusement en tenant compte des enseignements du passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, les mêmes travers, les mêmes atteintes aux droits des peuples, entre autres à disposer d’eux-mêmes. C’est là l’essentiel d’un héritage commun par-delà les origines diverses. Cette logique d’un droit à réparation qui oppose selon les origines, ramène dans le présent des divisions du passé qui divisent les forces sociales, elles qui ont tant besoin de s’unir dans l’intérêt de tous autour des valeurs communes, pour empêcher le libéralisme de passer partout à l’acte !
Encore, on explique pour légitimer de m’interdire de m’exprimer : « Sa nomination à de hautes fonctions "républicaines" par le président Sarkozy ne plaide pas non plus pour l’apaisement du débat. » Un autre amalgame énorme. Je n’ai tout d’abord pas été « nommé » par Sarkozy à la mission laïcité du Haut conseil à l’intégration, j’ai été proposé comme personnalité qualifiée (expert sans indemnité) par Alain Seksig, lui-même recruté pour cela par le HCI, pour participer au travail d’une mission confiée à une Haute autorité. Comme d’ailleurs une vingtaine d’autres personnalités, telles qu’Elisabeth Badinter, femme de gauche s‘il en est, Ghaleb Bencheikh qui présente l’émission islam sur France 2 le dimanche matin, Guy Arcizet, président du Grand Orient de France, Jean-Louis Auduc, Ex-directeur des études à l’IUFM-université Paris-Est-Créteil, Abdennour Bidar, Philosophe, devenu depuis conseiller laïcité auprès de la ministre de l’Education nationale, Patrick Kessel Président du Comité Laïcité-République, Catherine Kintzler Philosophe, professeur émérite à l’université Charles-de-Gaulle Lille III… Tous sans doute infréquentables… Heureusement que l’on ne choisit pas, que ce soit lorsque la gauche est au pouvoir ou la droite, uniquement des experts de gauche ou de droite pour siéger dans ce type de mission ! N’est-ce pas Mme Versini qui a été proposée par Jacques Chirac comme Défenseure des enfants, femme de gauche, et l’est restée jusqu’en 2011, et le défenseur des droits nommé sous la présidence de François Hollande, Jacques Toubon, homme de droite bien connu ! Ces gens se tournent en ridicule.
La fin du texte ne peut même pas être commenté tant on s’y perd en accusations incertaines autour d’un concept d’islamophobie, utilisé à tort et à travers pour tenter d’y raccrocher le terme racisme. N’est-ce pas cette fameuse et détestable accusation d’islamophobie, qui entend interdire la critique d’une religion (délit de blasphème), qui a désigné Charlie Hebdo comme une cible aux islamistes ! Le Collectif laïques qui réunit l’essentiel des grandes associations laïques représentatives rejette et condamne ce terme sans ambiguïté (2).
On voit dans ce communiqué, à travers le soutien inconditionnel à cette opération et ce procès en sorcellerie qui m’est fait, la justification d’une atteinte à des libertés fondamentales, telles que la liberté d’expression et la liberté de réunion, sans lesquelles la démocratie n’aurait plus aucun sens. On a surtout voulu derrière cette censure usant de la violence, faire taire la laïcité en évitant le débat, preuve de leur faiblesse. On n’y est pas parvenu et qu’ils l’entendent, ce n’est demain la veille !

Guylain Chevrier, Docteur en histoire, chargé d’enseignement à l’Université, formateur et consultant en travail social, membre de la mission laïcité du Haut conseil à l’intégration de 2010 à 2013.

1-Quelques morceaux choisis de ce M. Brafman publiés sur ce site et mises au point : « la présence de Mr Guylain Chevrier, très souvent cité et loué par des sites d’extrême-droite et utilisant les canaux du site trouble Agoravox et de la droite extrême Atlantico (…) Et mes inquiétudes sur des propos que trop souvent le FN ne démentirait pas (pas de repentance à propos de la rafle du Vel D’Hiv, négation de la reconnaissance de l’abolition de l’esclavage, dénonciation des sans-papiers comme « cheval de Troie du libéralisme ». Quelques éléments de réponse à ces contrevérités qui ne servent qu’à justifier la violence verbale et physique contre des personnes qui défendent une laïcité qu’il exècre. Agoravox, un site trouble d’extrême droite ? sur lequel écrit le NPA et autre Front de gauche, qui a comme média récemment joué le rôle principal pour empêcher que les SDF de Marseille ne se voient flanqués d’un triangle jaune insupportable pour les reconnaitre dans la ville, chose que j’ai aussi combattu dans mon association, le CNAFAL. Une majorité des contributeurs de ce site s’étaient prononcés en 2012 pour un vote « Mélenchon », un comble donc qui culmine dans la mauvaise foi de ce monsieur. Atlantico, un site d’extrême droite qui faisait hier sa Une sur la promotion d’un film d’Hitchcock sur la shoah, qui donne la parole à toutes les associations et sensibilités, où le responsable du CRAN s’exprime entre autres régulièrement. Dans une tribune publiée par le quotidien ce jour, sont relayés les propos d’Alexis Tsipras qui met en garde contre les dérives de l’Union européenne, qui force la mise en œuvre de politiques d’austérité contre le gré des citoyens. Mais M. Brafman n’hésite pas à faire ce qui s’appelle en bon françois des propos calomnieux, en cherchant à me faire passer pour un négationniste pour tenter de jeter un écran de fumée sur l’atteinte aux libertés à l’origine de laquelle il se trouve. Il n’y a aucune repentance à avoir concernant la rafle du Vel d’hiv, car elle n’a pas été faite par la France mais par la police d’un Pétain zélé sous la botte nazi, la République alors hors la loi et la démocratie interdite. J’ai été en désaccord, comme bien des historiens, avec cette prise de position de François Hollande de dire que c’était la France alors que Mitterrand légitimement s’y opposait. Mais c’est une façon d’induire pour ce M. Brafman que je serai du côté de ceux qui ont raflé alors que ma famille a subi les arrestations, le camp de Drancy et la déportation à Auschwitz ! Honte à lui ! Dans la même veine, parce que je rejette l’idée de repentance concernant l’esclavage, puisque nous vivons sous une République qui a aboli cette abjection dès qu’elle l’a pu (1794, Ier République et 1848, IIe République), et n’a donc rien à se reprocher de ce point de vue, je suis accusé de négation de la reconnaissance de l’abolition de l’esclavage. Ce sont des méthodes indignes qu’aucun mot dans notre dictionnaire ne peut qualifier, une façon de faire qui est un poison pour la démocratie. Concernant les « sans papiers », oui ils sont utilisés malgré eux par les patrons voyous comme « cheval de Troie » contre le droit du travail, en les employant dans des conditions qui l’ignorent, tout en créant volontairement une concurrence déloyale avec les autres travailleurs. Ne pas vouloir le voir au nom de la défense des « sans papiers « est une absurdité et ce n’est pas les en protéger. Les bases méthodes de ce M. Brafman sont à la mesure de sa peur d’affronter le débat d’idées, elles rejoignent les procès staliniens et le maccarthysme, ainsi qu’une extrême droite qu’il dit dénoncer en en utilisant la violence et l’incitation à la haine par la manipulation des idées.

13- Le Mouvement Républicain et Citoyen de Saint-Denis constate que les libertés sont menacées à Saint-Denis.
La liberté de réunion tout d’abord, puisque certains s’arrogent le droit d’interdire, avec violence, un débat politique.
La liberté d’expression, en traitant de fasciste celui qu’ils refusent de laisser parler, et en refusant d’argumenter sur ces accusations mensongères.
La liberté de conscience aussi puisque la laïcité est assimilée à une critique des religions.
La qualité du débat démocratique n’a pas progressé à Saint-Denis. En effet, qui n’est pas d’accord avec la ligne défendue par cette minorité est forcément un suppôt du Front National. C’est un syndrome bien connu qui touche tous ceux qui refusent le débat républicain. Au lieu de débattre sur le fond, on préfère manier l’anathème.
Après les menaces de mort contre Samuel Mayol, directeur de l’IUT, les menaces à l’encontre de Patrick Vassallo, président du conseil de l’IUT, il s’agit là de signes inquiétants pour notre démocratie locale. Il appartient à chacun de prendre ses responsabilités pour retrouver le sens de nos valeurs républicaines.
Le MRC de Saint-Denis

14 - Communiqué du Conseil National des Associations Familiales laïques
Un groupe d’individus menaçants a empêché la tenue de la réunion-débat sur la laïcité, organisée par « l’Observatoire de la laïcité » de Saint Denis, le mercredi 27 mai à l’hôtel de ville. Guylain Chevrier ancien membre du Haut Conseil à l’Intégration et Président du CDAFAL du Val de Marne, devait y intervenir en tant que conférencier.
Le CNAFAL considère et a toujours considéré qu’il n’y a pas de démocratie sans culture du débat, sans liberté d’expression qui ne peut être à sens unique, sinon c’est l’avènement du totalitarisme. Les arguments menaçants sont une marque de faiblesse pour ceux qui les emploient ! L’Etat laïque protège toutes les religions dans le cadre de la République et de la loi de 1905. Elle garantit aussi le droit de n’en avoir aucune et de les critiquer toutes.
Ce n’est pas par la violence, l’invective ou l’anathème que l’on abolit les idées !
Rosa Luxembourg disait que « la liberté c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ».
La loi du débat démocratique, c’est que nous avons toujours quelque chose à apprendre de l’autre.
Les positions du CNAFAL sont connues : la loi, toute la loi, rien que la loi. Dans les débats qui agitent depuis trop longtemps, non seulement la galaxie laïque, mais l’ensemble du pays, le CNAFAL s’est positionné contre la théorie « des accommodements », pour le droit des enfants à une éducation laïque, pour l’intégration à la française et pour le droit de vote des étrangers établis régulièrement en France, depuis 5 ans, aux élections locales.
Le CNAFAL

15 - Communiqué de la section et des élus PS de Saint-Denis concernant l’annulation de la conférence de l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis - Lundi 1er juin.
Le 27 Mai a eu lieu à la mairie de Saint-Denis, un débat organisé par l’observatoire de la laïcité de Saint-Denis, ce débat sur le thème « combat laïque, combats social, combats indissociables » fut violemment perturbé par une dizaine de manifestants opposés à la présence de Guylain Chevrier, le conférencier choisi par l’Observatoire. Perturbation qui a mené à l’annulation de ce débat sous la pression des manifestants.
Nous dénonçons la passivité de la Mairie qui a accepté d’accueillir cette conférence dans la salle des séances du conseil municipal sans qu’aucune mesure n’ait été prise pour prévenir ce type d’incident et assurer la sécurité du public composé de militants et sympathisants de gauche. Après que le dernier conseil municipal fut perturbé, là aussi, par quelques manifestants, aucune mesure de sécurité n’a été prise afin que la conférence reprenne dans le calme.
Les socialistes de Saint-Denis réaffirment leur attachement à la laïcité, ciment du vivre ensemble dans une ville comme la nôtre. Nous refusons qu’elle serve d’alibi pour diffuser des idées d’extrême-droite en stigmatisant les pratiquants d’une religion, et elle ne doit pas être remise en cause par ceux qui s’opposent en réalité à une société fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité pour tous les citoyens quelque soit leurs origines, leurs opinions et leurs croyances ou non.

16 - L’AG de l’Union des Familles Laïques et la conférence qui l’a suivie : un succès sous protection policière qui sonne comme un appel à la résistance !
L’Assemblée générale de l’UFAL a eu lieu samedi 30 mai à Paris au Patronage laïque Jules Vallès. Plus de 40 délégués venus de toute la France ont pu débattre et se prononcer sur l’activité et les comptes de leur organisation. Ils en ont confirmé les orientations, à savoir le lien indéfectible entre le combat social et le combat laïque…
L’Assemblée générale s’est poursuivie par une réunion publique sur le thème « Laïcité, liberté : même combat ! », qui a rassemblé plus de cent participants.
« Après les attentats de Paris et de Copenhague, nous voulions montrer qu’il y a des laïques qui refusent de se taire et qui n’ont pas l’intention de baisser les bras dans la défense des libertés ! L’UFAL a souhaité mettre à l’honneur des militants et montrer à partir d’exemples concrets comment le militantisme laïque permet de défendre nos libertés et d’en conquérir de nouvelles. Liberté d’expression, liberté de “blasphémer”, émancipation par l’instruction, liberté de mourir dans la dignité, liberté de disposer de son corps, liberté sexuelle : autant de libertés que la laïcité rend effectives » a rappelé Christian Gaudray, Président de l’UFAL, lors de son discours.
Les participants avaient dû s’inscrire au préalable et subir un contrôle d’identité avant de pouvoir prendre place dans l’assistance. À l’heure où des nervis de la nouvelle police de la pensée interdisent violemment une réunion publique à Saint-Denis, où une militante de l’UFAL subit des menaces accompagnées d’injures sexistes et antisémites de la part d’islamistes pour avoir, sur BFMTV, dénoncé le port de vêtements religieux dans les lycées publics, la réunion de l’UFAL s’est tenue sous protection policière. Oui, « en 2015, en France, organiser une conférence publique sur la liberté et la laïcité nécessite des mesures de sécurité importantes, malheureusement » a rappelé Nicolas Gavrilenko, Secrétaire général de l’UFAL.
Zineb El Rhazoui, de Charlie-Hebdo, était la première à prendre la parole. Par sécurité, nous avons dû ne pas annoncer sa participation. Elle vit actuellement un enfer et doit changer régulièrement de logement, accompagnée en permanence d’une protection policière.
Inna Shevchenko des Femen subit les menaces de l’extrême-droite catholique après avoir essuyé des tirs terroristes à Copenhague.
La formidable mobilisation citoyenne de janvier n’a pas dissuadé les fous de dieu de leur violence meurtrière. Ils sont en cela confortés par tous les collaborateurs compréhensifs qui n’ont de cesse de trouver des circonstances atténuantes aux assassins ou apprentis bouchers, mais aussi par les « laïques qui se taisent ».
L’heure est à la résistance face aux obscurantismes.
L’Assemblée générale, puis la conférence de l’UFAL, qui se sont tenues ce 30 mai, étaient un appel à la mobilisation des laïques.
Nous devons développer la solidarité entre nos organisations et les renforcer.
Nous devons reconquérir nos libertés et refuser la bunkerisation de la République.
La barbarie à visage religieux n’aura pas le dernier mot.

17 - Je soutiens l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis ainsi que Guylain Chevrier.
Comme de nombreux militants laïques, je suis profondément bouleversée par la tournure des événements à la suite du débat initié par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis, le 27 mai dernier, dont l’orateur principal était Guylain Chevrier.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais tout d’abord offrir aux organisateurs ainsi qu’au conférencier mon soutien le plus sincère dans cette épreuve et les féliciter pour le sang-froid qu’ils ont manifesté afin d’éviter le pire. Car oui, ce jour-là, le climat s’est très vite détérioré, a viré au rouge et est devenu carrément toxique à l’expression citoyenne. Or, on sait combien il est important d’offrir une atmosphère sereine lorsqu’il est question d’évoquer un sujet complexe tel que celui de la laïcité qui nécessite mille et une nuances et, bien entendu, une expertise réelle. Le pire a donc été évité. Le mérite en revient principalement aux organisateurs qui ont eu la sagesse d’annuler l’événement. C’est un moindre mal dans le contexte que l’on sait.
L’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis : pour quoi faire ?
Je connais cette salle municipale. J’y ai moi-même été invitée pour échanger avec le public dyonisien que j’estime particulièrement. J’y ai rencontré des gens passionnants, dévoués, soucieux du vivre ensemble et inquiets pour l’avenir de leur ville. Car quiconque est attaché à la laïcité et vit à Saint-Denis réalise que de nombreuses entorses à la laïcité sont commises en raison principalement d’une militance islamiste organisée, structurée et dynamique ayant même des relais à l’échelle internationale. D’ailleurs Gilles Kepel y a consacré un livre absolument passionnant, Quatre-vingt-treize, dans lequel il décrit d’une façon minutieuse, enquête à l’appui, l’énorme travail de fourmi, dans ce département, de ces lobbies politico-religieux sans que cela n’attire le moindrement l’attention des pouvoirs publics. Zzz…, continuez de roupiller les gars ! Mais jusqu’à quand ?
Je connais l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis et je suis avec intérêt son cheminement depuis sa création. Je suis ce qu’on pourrait appeler une fidèle. Plus encore, j’en suis la marraine. Pour tout dire, le groupe s’est formé à la suite d’une rencontre autour de mon livre Ma vie à contre-Coran à la bourse du travail de Saint-Denis, en 2009. Et pour ne rien vous cacher, l’Observatoire c’est un peu ma famille politique et ma famille tout court. J’éprouve à son égard une tendresse. Lors de cette rencontre littéraire, mais pas seulement, on comptait de nombreux militants de gauche, des syndicalistes, des féministes, des professionnels, des réfugiés algériens des années quatre-vingt-dix et de simples curieux. Je me souviens aussi du témoignage émouvant d’une dame dont la famille espagnole avait trouvé refuge à Saint-Denis après avoir échappé au franquisme. Libertade de son nom. Comme ce fameux poème, Liberté, de Paul Éluard. Sa présence nous plongeait dans l’Espagne des années trente rongée par le fascisme et le fanatisme religieux. À cette époque-là, un général putschiste a levé, au nom du Christ, une armée pour combattre le gouvernement légal de la République espagnole.
Bref, il n’y avait, parmi les participants à ce premier rendez-vous, pas une once, pas une goutte, par une graine de ce qu’on pourrait qualifier d’extrême droite. Bien au contraire. De nombreux citoyens engagés n’avaient qu’une seule envie : faire résonner au cœur de leur ville les idéaux de la République. La laïcité, l’école étaient au centre de leurs préoccupations ainsi que la place des femmes dans l’espace public. Voilà sur quelle base s’est constitué l’Observatoire. Animé par cet esprit, diverses rencontres ont suivi avec des invitées remarquables telles Mimouna Hadjam, Nadia Geerts et Chahla Chafiq parmi tant d’autres. Ces occasions sont demeurées des moments privilégiés et riches d’échanges. La porte était grandement ouverte à toutes et à tous. J’ai voulu, ici, revenir sur les origines de l’Observatoire car il me semblait pertinent, dans les circonstances, de rappeler comment est né cette volonté d’être, d’exister et d’agir ensemble pour le bien commun pour que chacun puisse mesurer la nature de cette organisation depuis ses premiers balbutiements.
À Saint-Denis, l’islam politique gagne de plus en plus de terrain
Saint-Denis, je l’ai connue voilà vingt ans alors que nous quittions l’Algérie avec mon frère et mes parents pour nous y installer à l’époque où le Front islamique du salut (FIS) et ses organisations paramilitaires faisaient un peu la pluie et le beau temps dans le pays de mon enfance. Mes parents vivent toujours à Saint-Denis. Pas question pour eux de quitter ce lieu. C’est grâce à mon giron familial que je fais des va-et-vient réguliers entre cette ville et mes autres ports d’attache, dont le Québec depuis 18 ans. J’ai découvert aussi les villes voisines que sont la Courneuve, Bobigny, Pierrefitte, Aubervilliers, Villetaneuse, Saint-Ouen et Stains où j’ai travaillé dans la jeune vingtaine. La banlieue parisienne, celle qu’on qualifie de « chaude », n’est pas étrangère à ma vie. J’y ai vécu.
Revenons à cette fameuse journée du 27 mai et à l’Observatoire. Militer en faveur de la laïcité, c’est d’abord regarder en face ce qu’ordinairement les autorités publiques s’attachent à ne plus voir. De quoi s’agit-il au juste ? Des multiples manifestations de l’islam politique dans le paysage de la ville. Allah est à l’image de son époque : bruyant et clinquant. C’est un dieu de l’image, du marketing et du fric. Allah désigne aussi une cause politique. Il suffit de s’attarder sur l’industrie du halal, par exemple, avec ses boucheries, ses salons de coiffure non mixtes, ses épiceries, ses restaurants, ses boutiques de vêtements pour mesurer l’ampleur du phénomène. Là où le halal est roi, s’exerce aussi la pudibonderie, cette exagération, voire cette consécration de la pudeur féminine. Sans surprise, le port du voile a progressé ces dernières années comme jamais auparavant. Il est même symptomatique de la réduction de la présence des femmes dans l’espace public. La libraire Tawhid, quant à elle, à deux pas de la mairie, distille ouvertement la propagande du djihad international. Il se vend dans cet endroit des dizaines et des dizaines d’ouvrages qui n’ont rien à envier à la philosophie de Mein Kampf.
Ce que je dresse, ici, n’est pas un simple coup de sonde ou encore un constat. Il est question d’une tendance qui s’échelonne sur une vingtaine d’années. Je vois cette ville glisser vers un islam rigoriste tel que promu par l’Arabie saoudite et le Qatar.
La laïcité exige de nous courage et lucidité
Pourquoi évoquer toutes ces mutations ? Car il est évident pour qui sait regarder la vérité en face que ces mutations sont est au cœur des incidents du 27 mai dernier. En réalité, ce que reprochent à l’Observatoire les casseurs, des islamo-gauchistes bien connus pour leur militance au sein des Indigènes de la République, c’est son analyse politique de la situation et l’interprétation qu’il fait de tous ces phénomènes, comme étant une conséquence évidente d’un mal plus profond. Quiconque s’aventure à parler de l’islam politique ne peut que déplaire à ceux qui se complaisent vis-à-vis du communautarisme quitte à brader la République. « Il faut croire que la vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère et, pour certains, elle est même insupportable », rappelait Soljenytsine dans son fameux discours de Harvard sur le déclin du courage. Ceux-là ont choisi de ne rien voir, de ne rien entendre et de ne rien dire. Ceux-là sont les témoins silencieux de ce nouveau totalitarisme qui avale petit à petit un espace après l’autre que ce soit en Orient comme en Occident. Pire encore, en mettant en péril l’événement, les casseurs ont gravement porté atteinte à la liberté d’expression et ont réduit drastiquement le champ de la pluralité politique et idéologique si chères à la démocratie.
Diaboliser un adversaire politique quitte à le diffamer, le dépeindre comme un monstre sans cœur, sans éthique et sans humanité est une minable technique utilisée par ceux qui sont incapables de soutenir le débat d’idées. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la véritable intention de ce groupuscule est de discréditer l’Observatoire pour le disqualifier du débat public. Le précédent est désormais créé. Il existe, dans cette ville, une police de la pensée avec un comité de la censure en bonne et due forme. Quiconque y prend la parole doit passer préalablement le test du comité. Ce qui me paraît encore plus grave c’est l’attitude de la municipalité suggérant que la réaction des saboteurs n’est qu’une conséquence légitime du choix d’un invité soi-disant contesté. Quel paternalisme vis-à-vis de l’Observatoire ! Quelle complaisance vis-à-vis des censeurs ! Non, l’Observatoire n’a pas joué avec le feu. Ce qui est arrivé le 27 mai n’est pas un match nul. La responsabilité des autorités municipales est de veiller, en tout temps, à la sécurité des personnes et leur offrir des espaces d’exercice de la citoyenneté. C’est dire l’extraordinaire confusion idéologique qui règne au sein d’une partie de notre élite, incapable de donner un sens à l’histoire, étouffée par le déni et trop occupée dans ses calculs électoralistes. Prête à tout pour faire avorter tout débat portant sur la laïcité.
Pour finir, quelques mots sur le conférencier. Guylain Chevrier est un grand lucide comme il en existe si peu. Pour lui, être de gauche n’est pas une simple posture sociale mais plutôt une prise de position, un engagement total, qu’il exprime avec force et conviction depuis de très nombreuses années déjà. Je l’ai rencontré à Paris pour la première fois alors qu’il siégeait au Haut conseil à l’intégration. J’avoue, Guylain n’a pas cette faculté d’enrober de miel son propos. Sa verve est claire. Pas ambiguë pour un sou. Quelle torture pour ses détracteurs ! Tout comme lui je n’ai pas peur de dire les choses qui habituellement sont tues. Je n’ai pas peur d’exprimer des idées qui fâchent, qui clivent, qui polarisent. Je viens de cette grande tradition voltairienne pour laquelle oser penser par soi-même, si chère aux siècles des Lumière, n’est pas une hérésie mais une « hygiène intellectuelle de l’esprit critique » à une époque qui se perd, trop souvent, dans la complaisance et l’insignifiance. La laïcité exige de nous courage et lucidité. En témoigne la démarche de l’Observatoire ainsi que celle de Guylain Chevrier. C’est pourquoi je me reconnais en eux, c’est pourquoi je les soutiens de toutes mes forces et vous demande d’exprimer le vôtre à leur égard.
Djemila Benhabib, Prix international de la laïcité 2012, Prix humaniste du Québec 2014

18- Déclaration de Jean Brafman : LE RETOUR DE « AU PILORI » ?
L’interruption, hier au soir 27 mai 2015, de l’initiative « Le combat laïque et le combat social sont indissociables » organisée par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis lui donne l’occasion, par communiqué, de renouer avec des pratiques d’autres temps douloureux : mettre des personnes au pilori en leur attribuant tous les maux et troubles subis ainsi que des positions et responsabilités qu’elles n’ont pas.
Pourtant dès le moment où des manifestations ont agité l’initiative, j’ai expliqué, parce qu’interpellé, aux organisateurs et à une partie des participantes et participants, le sens de ma présence : confronter mes opinions avec celle de l’invité, démontrer, à mon niveau et bien modestement, que le combat laïque, auquel je suis attaché, ne peut pas passer par lui.
J’ai été surpris, comme tous les présents, d’arrivées nombreuses dont certaines de ma connaissance puisqu’engagés en commun sur des luttes et mobilisation –pour l’école de l’égalité et ses moyens par exemple -.
Ne pas les avoir ignorés en les saluant et leur avoir expliqué la raison de ma présence me vaut aujourd’hui l’accusation de maître d’œuvre des perturbations. Il n’y a pourtant pas de « chef » dans les réseaux progressistes que je fréquente.
Mais comme un des animateurs du collectif dionysien contre le FN et l’extrême-droite, j’ai, dès réception le jour même, d’éléments de militantes du MRAP –Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples- dont je fais partie, informé le collectif du débat, de la nature et des questions que posaient la présence de Mr Guylain Chevrier, très souvent cité et loué par des sites d’extrême-droite et utilisant les canaux du site trouble Agoravox et de la droite extrême Atlantico. J’ai indiqué que Mr Chevrier était issu –et non membre- de Riposte laïque auquel le MRAP fait procès pour des déclarations antimusulmanes inadmissibles. J’ai posé la question de l’attitude du collectif et il n’y en a pas eu par défaut de suffisamment de réponses et du fait d’un trop court délai. D’où des comportements divers : des membres d’organisations du collectif étaient spectateurs, d’autres voulaient se confronter au niveau des idées –j’en étais- , d’autres enfin interrompre le débat.
Ce mail privé et interne au collectif a donc été détourné. Une méthode à mettre au profit de la morale de mes accusateurs ?
Mais la charge ne suffisait pas. Sur la base de mes engagements dans le combat contre l’islamophobie et sans doute pour un état palestinien que je partage entre autres avec eux, je suis une deuxième fois cloué au pilori comme suppôt des Indigènes de la République. Et alors que je n’y adhère pas et ai de profondes divergences avec eux. Que ne va-t-on pas m’attribuer comme collusion dans mes combats contre l’antisémitisme, contre le racisme anti-Rrom, contre tous les racismes en général ?
Que vient donc faire ce procès en sorcellerie ? Que fait-il à propos des évènements d’hier ? Serait-ce parce que la question centrale pour me mettre en cause relèverait de la volonté de l’Observatoire de faire de la question de l’islam et de son rejet le cœur de son approche de la laïcité.
Ce n’est pas ma conception : laïque et athée, vivant au quotidien la diversité, je me bats pour l’égalité de traitement et le respect de toutes les croyances, contre la division du peuple.
Ce qui n’est pas celle de Mr Chevrier pour qui, je cite, en date du 24 juin 2013 dans Atlantico et mis en exergue dans nombre de sites d’extrême-droite : « Comment se manifeste la paupérisation des Blancs ? »
« En France, il s’agit surtout de la classe ouvrière, ou peu qualifiée, et des populations rurales. Ces Français de souche sont installés dans des zones avec un fort chômage, ou dans des enclaves en banlieue. Leurs enfants réussissent moins bien à l’école que ceux des immigrés, situés dans des zones plus urbaines. Cette population blanche pauvre souffre surtout de la mondialisation et du libéralisme à outrance, avec une main‑d’œuvre immigrée à bon marché qui réduit ses perspectives d’emploi. Et les Blancs ne comptent pas sur les trafics en tous genres pour fournir leurs revenus. »
J’ose espérer que nombre de participantes et participants au débat annulé d’hier partage pour le moins mes interrogations sur la qualité de militant de gauche de Mr Chevrier. Et mes inquiétudes sur des propos que trop souvent le FN ne démentirait pas (pas de repentance à propos de la rafle du Vel D’Hiv, négation de la reconnaissance de l’abolition de l’esclavage, dénonciation des sans-papiers comme « cheval de Troie du libéralisme », refus du droit de vote des immigrés (sic), etc….
Qui a donc choisi de lui donner ainsi une tribune et de me faire un procès ?
Jean Brafman
Membre d’Ensemble ! Front de Gauche, du MRAP, du Collectif Paix Palestine Israël, du collectif dionysien contre le FN et l’extrême-droite, de la FCPE, du Mouvement de la Paix, de Sud…
28 mai 2015

19 - Diffamation, calomnie et délation à l’encontre de Jean BRAFMAN et du MRAP
Devoir de vigilance contre toutes les dérives identitaires.

Le MRAP de Saint-Denis exprime son soutien à Jean BRAFMAN adhérent de notre comité. Des accusations graves et mensongères ont été écrites par l’ « Observatoire de la Laïcité » de Saint-Denis organisatrice d’une conférence-débat en présence de Guylain Chevrier .Elle désigne nommément Jean Brafman comme étant l’instigateur des perturbations survenues le jeudi 28 mai 2015, dans la salle du conseil municipal, et qui ont empêché le débat organisé par l’observatoire dionysien.
Nous notons que ces accusations s’appuient sur des échanges effectuées sur une liste restreinte et privée dans lesquels Jean Brafman alertait sur le parcours et les idées de Guylain Chevrier et appelait à la vigilance. Il n’appelait en aucun cas à tout type de perturbation. Ce même débat avait lieu en interne sur la liste des adhérents du MRAP.
Nous CONDAMNONS le contenu diffamatoire ainsi que le ton « agressif » de l’article.
Nous CONDAMNONS le procédé de l’observatoire de la laïcité de Saint Denis n’hésitant pas à jeter en pâture le nom d’une personne sans que leur propre communiqué ne soit signé nommément par un quelconque responsable de leur association.
La récupération du papier de l’observatoire de la laïcité par des sites d’extrême droite et par Marianne confirme bien nos inquiétudes initiales.
Stigmatiser Jean Brafman, militant antiraciste de terrain de longue date sur Saint-Denis, témoigne aussi du climat délétère qui se développe dans notre pays, les amalgames raccourcis prenant le pas sur des analyses sérieuses et argumentées.
Jean Brafman, dans le cadre de son activité au sein du collectif anti-fn et contre l’extrême droite de Saint Denis, contribue à initier une réflexion de fond pour lutter contre la diffusion des idéologies délétères racistes.
Ce n’est pas la première fois que le réseau anti-fn est ainsi mis en alerte, notamment pour manifester contre les idées développées par Farida Boulghour, contre les idées de Marine Le Pen, contre les idées de Dieudonné et Soral....
Pour ce qui concerne Guylain Chevrier, des militants du mrap local, constatant l’omniprésence de ses écrits sur le site de Riposte Laïque ont interpellé le collectif contre l’extrême droite et les droites extrêmes. Ce sont les articles de fond de Guylain Chevrier qui marquent bien ce personnage dans une dérive identitaire de gauche. Elle contribue à donner une caution de gauche au front national, sous couvert de "laïcisme"
La gravité et la complexité de la situation actuelle nécessite l’organisation de véritables échanges ayant pour but et vocation de mieux comprendre les enjeux et lutter efficacement contre le climat de haine, de stigmatisation, de clivage qui sont les vrais freins au développement des luttes sociales.
Saint-Denis, le 1er juin 2015
Agnès Cluzel, Corinne Coloneaux, Pascal Lacroix et Zahia Oumakhlouf
MRAP SAINT-DENIS

20 - Expliquons-nous ! Réponse aux détracteurs de la Conférence organisée par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis sur la laïcité, le 27 mai dernier.

Un certain nombre d’organisations ont pris des positions diverses concernant l’interdiction de cette Conférence qu’il me parait absolument nécessaire de commenter, puisque je suis dans un certain nombre de déclarations injurié et diffamé, pour justifier des atteintes aux libertés fondamentales que sont la liberté d’expression et de réunion. J’ai déjà répondu au communiqué du collectif Ensemble, sur le site de Saint-Denis ma ville (http://www.saintdenismaville.com/index.php?post/2015/06/03/R%C3%A9ponse-de-Guylain-Chevrier-au-communiqu%C3%A9-d-Ensemble) à quoi je renvoie le lecteur. En faisant ce travail de décryptage, je n’entends pas simplement me défendre de quoi que ce soit car mes engagements réels et non fantasmés parlent pour moi, mais à faire un travail de clarification essentiel d’intérêt général concernant des enjeux de société fondamentaux mis en cause à cet endroit.

L’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis a mis en cause M. Brafman comme étant à l’origine des troubles qui ont amené à l’annulation de la Conférence-débat organisé le 27 mai dernier dont j’étais l’invité. Il se pose aujourd’hui en victime d’une campagne odieuse, mais tout est bien parti de lui. Il est sans conteste l’initiateur de ces troubles, preuves à l’appui. De plus, il l’a fait en me diffamant, chauffant à blanc les esprits (voir l’article de Marianne http://www.marianne.net/reunion-publique-laicite-censuree-mairie-saint-denis-100233991.html). Ce qu’il continue de faire dans le texte intitulé « Le retour au pilori » publié sur le site du JSD.

C’est ainsi que je me trouve rebaptisé « d’extrême droite », parce que j’ai été un rédacteur du site Riposte laïque avec lequel j’ai rompu violemment en 2010 lors de son tournant identitaire, et dont je condamne la formule attribuée à M. Brafman depuis les derniers événements, que je me refuse d’ailleurs de citer pour ne pas la relayer ! M. Brafman identifie dans son propos, « refus de la repentance » et « négationnisme », ce qui n’a rien à voir, par un jeu de glissement sémantique sans vergogne. Il parle de « propos que trop souvent le FN ne démentirait pas (pas de repentance à propos de la rafle du Vel D’Hiv, négation de la reconnaissance de l’abolition de l’esclavage, dénonciation des sans-papiers comme « cheval de Troie du libéralisme », refus du droit de vote des immigrés (sic) ». Le plus fort est avec la formule « négation de l’abolition de l’esclavage » (sur le reste je me suis déjà expliqué sur le site de Saint-Denis ma ville) de faire ainsi croire que je suis contre l’abolition de l’esclavage et donc pour l’esclavage, ce qui relève de la diffamation de la pire espèce. On ne saurait impunément m’attribuer d’être pour la reproduction d’un crime contre l’humanité !

L’exagération ne sert ici qu’à justifier l’annulation de l’initiative laïque. Il n’y a rien d’autre derrière l’usage de ces procéder déloyaux, que de tout faire pour empêcher sur certains thèmes le débat d’idées en en éliminant, par tous les moyens, ceux qui sont considérés comme des adversaires. Ce monsieur n’assume décidément rien en se présentant comme victime alors qu’il n’a cessé de jeter de l’huile sur le feu. Rien ne peut me relier à ce courant politique qu’est l’extrême droite, rien de ce que je défends, sur des thèmes de société qui sont ceux de tous les chroniqueurs de France, alors que je n’ai jamais été inquiété par la moindre plainte mettant en cause ce que j’écris ou dit sur I Télé, BFM TV, France 2, Europe 1... J’ai pourtant publié au moins 500 articles sur la toile ou dans des revues et collaboré à de nombreuses publications et ouvrages.

Mais le pire est encore à venir. Il dit : « Mr Chevrier pour qui, je cite, en date du 24 juin 2013 dans Atlantico et mis en exergue dans nombre de sites d’extrême-droite : « Comment se manifeste la paupérisation des Blancs ? »
« En France, il s’agit surtout de la classe ouvrière, ou peu qualifiée, et des populations rurales. Ces Français de souche sont installés dans des zones avec un fort chômage, ou dans des enclaves en banlieue. Leurs enfants réussissent moins bien à l’école que ceux des immigrés, situés dans des zones plus urbaines. Cette population blanche pauvre souffre surtout de la mondialisation et du libéralisme à outrance, avec une main‑d’œuvre immigrée à bon marché qui réduit ses perspectives d’emploi. Et les Blancs ne comptent pas sur les trafics en tous genres pour fournir leurs revenus. » J’ose espérer que nombre de participantes et participants au débat annulé d’hier partage pour le moins mes interrogations sur la qualité de militant de gauche de Mr Chevrier. »

Il m’attribue en réalité ici un extrait de texte que je n’ai jamais écrit, il s’agit donc d’un faux. Il reprend un propos libre du site NOVOPRESS, d’orientation identitaire, avec lequel je n’ai rien à voir et dont j’ignorai même qu’il avait repris mes propos en les déformant ainsi de façon stigmatisante, bien loin des miens, sans guillemets et donc sans me citer, qui étaient donc clairement les propos d’un commentateur. (http://fr.novopress.info/139717/la-pauperisation-des-blancs-est-egalement-une-realite-francaise/) Mais c’était sans doute tentant de les utiliser contre moi en me les attribuant. On peut comparer ce que je dis dans l’article d’Atlantico sur ce thème (http://www.atlantico.fr/decryptage/blancs-et-pauvres-etudes-qui-montrent-comment-cette-categorie-sociale-est-devenue-plus-defavorisees-et-moins-aidees-en-france-766436.html ) et ce que dit en le commentant ce site, personne n’étant à l’abri d’une récupération dans le contexte des tensions actuelles sur ce sujet (voir l’interview que j’ai donné à Europe 1 sur le holdup que réalise le FN sur la laïcité : https://www.youtube.com/watch?v=-DjaH2GDYOg). Epouvantable !

Cette organisation d’une méprise collective autorise le groupuscule Saint-Denis antifa dans un communiqué à me comparer à Bruno Golnich, membre notoire du FN, alors que certains membres de cette organisation ont été mis en cause pour négationnisme, avec quoi je n’ai de près ou de loin rien, absolument rien, en commun ! J’ai toujours combattu le FN et bien mieux que pseudo-antifascistes qui recyclent l’extrémisme sous un masque de gauche tout aussi obscène. Cela leur permet même de se vanter de cette action contre la liberté et la démocratie. Comme l’expriment Les élus Socialistes de Gauche (PSG) qui condamnent sans ambiguïté cela : « Il s’agit-là d’une atteinte intolérable à la démocratie qui garantit les libertés de réunion et d’expression. Ce n’est pas la première fois que des opérations fondées sur la pression et la menace de violences sont organisées par ce même groupe d’individus. On ne peut laisser s’instaurer un climat de tension et de violence dans la vie publique locale. Les opinions doivent pouvoir s’exprimer, les désaccords être abordés, les confrontations d’idées s’exposer, cela en toute sérénité. » Voilà ce qui s’appelle défendre « nos biens communs républicains. »

Le MRAP condamne l’Observatoire, pour avoir dit le vrai sur le sujet, mais n’ont rien à dire sur les graves atteintes aux libertés d’expression et de réunion en cause ! On retrouve les mêmes procès en extrême droite qui me sont fait que dans d’autres communiqués. Il dénonce un climat de haine et de stigmatisation envers M. Brafman, mais la mauvaise foi peut-elle véritablement atteindre ce point de paroxysme ! J’ai été jeté à travers mille fausses accusations et manipulations en pâture à la vindicte populaire et menacé physiquement (j’ai du être raccompagné par la police à ma voiture) mais cela ne dérange nullement cette association pourtant censée défendre les droits de l’homme ! On y dit que mes écrits marquent « une dérive identitaire de gauche » donnant une « caution de gauche au Front National, sous couvert de "laïcisme" ». La nouvelle extrême droite est « identitaire de gauche », il fallait le trouver pour justifier des atteintes aux libertés ! Quant à mon « laïcisme » servant le FN, je renvoie à l’interview que j’ai donnée à Europe 1 dénonçant le holdup que réalise le FN sur la laïcité, citée ci-dessus. Ce que l’on me reproche, c’est de défendre une laïcité sans concession à aucune religion, parce que je participe de la lutte contre le communautarisme que certains soutiennent à travers l’islam politique, qui est un poison diviseur pour les forces sociales et ramène un pouvoir politique de la religion sur la société et les citoyens contre leurs libertés.

Le PCF apporte son soutien à M. Brafman dans le même sens, à contre sens de la réalité. Dont acte ! Il met aussi en cause une récupération politique et des médias… L’événement de la mise au ban de libertés fondamentales à Saint-Denis ne le mérite-il pas ? Tout en prétendant défendre la liberté du débat, on ajoute « La présence d’un intervenant contesté et sans doute contestable aurait dû être combattue s’il y avait lieu dans l’argumentation. Il parait également important sur des sujets devenus malheureusement sensibles d’être attentif aux personnalités intervenant dans ces débats. » Là encore, on s’arroge un droit de préemption concernant qui peut ou pas être invité par telle ou telle association ! Invraisemblable ! Faudrait-il faire des listes rouges ou noires des personnes non-désirables à Saint-Denis sur ce modèle d’accusation. La liste risque d’en être longue ! La jeunesse communiste suit au pas en reprenant les mêmes thèses.

Il parle de « crispations orchestrées entre islam et laïcité, islam et république », qu’il dénonce avec force. Tout d’abord, le débat ne portait pas sur l’islam, contrairement à ce qui est ici induit. Pour autant, quel déni encore, et quel aveuglement ! Pourquoi dénier que la majeure partie des revendications visant l’aménagement de la règle commune à la religion viennent d’organisations se réclamant de l’islam, CFCM, UOIF, et d’une partie des musulmans de plus en plus visibles dans cette attitude qui consiste à refuser de faire passer les valeurs de notre société avant celles de la religion, 56% d’entre eux selon une enquête récente de l’institut Sociovision. Est-ce de la stigmatisation ou de la prise de conscience utile à tous ? Qu’est-ce qui peut le mieux aider nos concitoyens de religion musulmane, sinon de les soutenir à résister à ce mouvement pour les préserver d’une logique communautaire qui risque d’aboutir à leur assignation et privation du libre choix de leur façon de vivre. Refuser de voir un problème par idéologie, c’est se préparer des réveils douloureux. Evidemment dans ces conditions je ne peux être qu’un « laïciste »… Terme dont il reste à définir le contenu mais participe d’une campagne de dénigrement publique insupportable, qui devrait faire écho dans l’esprit de certains à d’autres procès, staliniens ceux-là, qui usèrent des mêmes procédés de suspicion pour détruire des réputations, des individus.

M. Michel Ribay, pour les verts, s’il ne converge pas dans la recherche d’excuses pour justifier l’injustifiable, use aussi d’amalgames gravissimes. Il prend pour exemple l’extrait d’un article où je fustige l’islam salafiste intitulé « Loi burqa : Tolérance zéro pour l’islam liberticide et communautariste », écrit en 2010, alors que l’actualité à ce moment relaie des violences en banlieue, pour m’accuser de discrimination de façon insupportable ! Je souligne alors, qu’à faire passer la République pour liberticide vis-à-vis de l’islam parce qu’elle impose des libertés qu’aucune religion n’a dans ses références, on encourage des jeunes issus de l’immigration au rejet de celle-ci, et donc, des lois républicaines, conduisant à justifier la délinquance, ce que certains politiques et médias n’hésitent pas à faire d’ailleurs sans retenue. Je ne rêve donc pas en disant cela et en mettant en garde vis-à-vis de ce risque d’auto-exclusion de ces jeunes et des risques que cela comprend pour notre société, notre vivre ensemble, notre cohésion sociale. J’y dénonce un islam salafiste liberticide et conquérant à travers le voile intégral, cette abjection contre les droits de femmes que l’on ne saurait tolérer sur notre sol !

Rappelons que plusieurs contrôle de police concernant le voile intégral interdit pas la loi, ont dégénéré comme à Trappes en violences urbaines pendant plusieurs jours, liant refus des lois de la République et délinquance contre elle. Je ne rêve encore pas ! Le rédacteur en vient alors à une interprétation aberrante diffamatoire, qui passe la ligne rouge : « On se frotte les yeux, on relit et l’on y comprend sous la plume de ce monsieur que les discriminations à l’adresse, à l’embauche, à la consonance des patronymes ne sont que la manifestation des résistances de la France à ne pas se laisser dominer par l’Islam ! » C’est ignoble et une fois de plus calomnieux, d’ainsi interpréter ce que je dis pour me faire passer comme justifiant de telles discriminations ! Ces propos sont une invitation à la haine contre moi et me mettent violemment à mal, tombent sous le coup de la loi, qui ait toujours défendu le principe d’égalité et ait aussi écrit largement contre le racisme et les discriminations et qui plus est, enseigne régulièrement ce thème sans concession à mes étudiants. J’accompagne les étudiants au Diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) où l’on retrouve toute la diversité de notre société, et je les encourage à prendre leur place et leur chance, à ne pas se laisser intimider par la logique de classe, les discours de discrimination et de haine, je me mets le plus que je peux à leur disposition pour les soutenir dans leur réussite ! J’ai récemment écrit dans les colonnes d’Atlantico, pour dénoncer la préférence nationale promue par le FN qui n’est rien d’autre qu’une discrimination à combattre avec force. J’ai aussi dénoncé sur Atlantico ou Agoravox la remise en cause du droit du sol qu’avait avancé François Copé dans une surenchère avec le FN par clientélisme électoral, alors que ce droit est au fondement de l’égalité républicaine !

Les socialistes de Saint-Denis dénoncent le coup de force en demandant à la municipalité de jouer son rôle pour permettre la tenue d’actions publiques menées par des associations qui ont la liberté de s’organiser comme elles l’entendent, à partir du moment évidemment où cela ne tombe pas sous le coup de la loi. Mais à travers l’idée de leurs refus que la laïcité « serve d’alibi pour diffuser des idées d’extrême-droite en stigmatisant les pratiquants d’une religion », il ne faudrait pas laisser planer l’idée qu’il aurait pu en être ainsi lors de cette Conférence. Ils rappellent leur attachement « à une société fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité pour tous les citoyens quelque soit leurs origines, leurs opinions et leurs croyances ou non. » C’est précisément ce que je défends dans le numéro de ce trimestre de « Communes », revue des élus socialistes et républicains où je suis publié, dans un dossier consacré à la laïcité, auquel je les renvoie pour mieux me connaitre et lever toute ambiguïté.

Le MRC dans sa tradition d’attachement aux valeurs et principes de notre République et défenseur de la laïcité, a pris une position de défense de la liberté d’expression et du droit de réunion. Le texte insiste très justement sur le fait que « liberté de conscience » et « laïcité » sont assimilées par certains pour les attaquer à une critique des religions. L’interdiction de la Conférence est commenté en disant qu’« il s’agit là de signes inquiétants pour notre démocratie locale ». Les Dyonisiens effectivement jugeront.

La Ligue des droits de l’Homme Saint-Denis/Plaine Commune suite à l’interruption de la conférence-débat a rappelé « son attachement à la liberté d’expression et de réunion ainsi qu’à la laïcité telle que définie par la loi de 1905. Elle a aussi dénoncé les insultes et attaques personnelles intervenues dans ce contexte. « Elle appelle au respect des valeurs de la République ! »

M. Brafman n’aurait jamais été mis en cause s’il n’avait fait le choix d’initier l’interdiction de cette conférence-débat selon des méthodes condamnables, qu’il justifie d’ailleurs en faisant chorus avec Saint-Denis antifa.

Avoir pris la responsabilité de faire de moi un fasciste au service de la discrimination et du rejet des musulmans, un négationniste, un « islamophobe » avec tout ce que ce terme comprend de combat contre la laïcité, ne restera pas sans que l’histoire demande un jour des comptes, j’en suis sûr. Cela a été fait sans précaution aucune, dans un contexte dangereux, comme les événements de janvier l’ont tristement trop bien souligné, faisant de moi une cible de la violence d’extrémistes dont ils légitiment l’atteinte aux libertés et à l’Etat de droit.

Merci à mes amis de l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis que les choses n’aient pas plus dégénérées ce 27 mai, qui ont su faire preuve de fermeté et en même temps de beaucoup de maitrise comme de responsabilité, en ne tombant pas dans cette provocation et en me protégeant.

J’ai reçu le soutien du CNAFAL, première association familiale laïque de gauche où j’ai des responsabilités départementales, dans le Val-de-Marne, une association qui a entre autre passé accord avec Droit au logement, pour mener des actions en commun en faveur des mal logés. Je suis pour le CNAFAL membre du CA de l’UDAF 94. http://www.cnafal.org/pas-de-democratie-sans-debat-et-sans-culture-du-debat/
J’ai reçu le soutien du Comité Laïcité République dont je suis membre, lors du dernier colloque organisé par l’association à l’Assemblée nationale. Association dont ne peut remettre en cause l’engagement dans la défense des libertés et de la République laïque et sociale pour tous, ainsi que son rejet de toutes les discriminations. http://www.laicite-republique.org/#&panel1-1

Merci à Djemila Benhabib, Prix international de la laïcité 2012, Prix humaniste du Québec 2014, pour son soutien.

On a appris que l’Union des familles laïque a du faire son Assemblée générale annuelle sous la protection de la police, qui a mis en lien dans un communiqué ce fait avec ce qui s’est passé à Saint-Denis. Ce qui ne peut que faire réfléchir nombre de citoyens !

Certains appellent aujourd’hui à refaire cette Conférence-débat. Il me parait une évidence que cela soit au calendrier prochain, à moins que Saint-Denis ne soit devenue une zone de non-droit.

Pour avoir une information complète, je vous incite à lire un article que j’ai publié dans Franc-Maçonnerie magazine en kiosque en mars dernier, qui se trouve mis en ligne : La République laïque et sociale est plus que jamais l’avenir, dans l’ordre des progrès de l’homme ! http://www.fm-mag.fr/article/societe/interview-de-guylain-chevrier-929

Ainsi que le suivant : Omar Sy, Gad Elmaleh et Jamel Debbouze personnalités préférées des Français : mais alors l’intégration, ça marche ou pas ?
http://www.crif.org/fr/tribune/omar-sy-gad-elmaleh-et-jamel-debbouze-personnalit%C3%A9s-pr%C3%A9f%C3%A9r%C3%A9es-des-fran%C3%A7ais-mais-alors-lint%C3%A9gration-%C3%A7a-marche-ou-pas/34274
Pour plus d’information sur le sujet, voir le site de l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis. http://www.observatoire-laicite-saint-denis.org

Guylain Chevrier, Docteur en histoire, chargé d’enseignement à l’Université, formateur et consultant en travail social, ancien membre de la mission laïcité au Haut Conseil à l’Intégration (2010-2013).