Liberté, libertés chéries, habibi

mercredi 21 décembre 2016
par  webmestre
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Du samedi 7 au dimanche 15 janvier 2017

On dit que l’histoire ne se répète pas mais parfois elle bégaie.
Le 7 janvier 2015 résonnera encore longtemps dans la tête d’une grande partie de la population française comme le début d’un grand trauma et la fin d’une certaine insouciance. La tuerie de Charlie Hebdo suivie de celles de Montrouge et de la Porte de Vincennes, puis les attentats aveugles, du Bataclan à Nice, sans oublier Saint-Denis, ont plongé France dans un chagrin incommensurable.
Vingt ans auparavant, en Algérie, tout avait commencé ainsi : des journalistes, des intellectuels - hommes de théâtre, poètes, enseignants, médecins, psychiatres- avaient été les premières cibles des islamistes radicalisés. Et dessinateur-caricaturiste était devenu d’un seul coup un métier à haut risque.
La population a connu elle aussi son lot d’exactions, les djihadistes ne reculant devant aucune abjection pour faire régner la terreur et entraîner le pays dans une guerre fratricide, plus connue sous le nom de « décennie noire ».
Nombreux sont alors ceux qui ont du fuir la mort, comme les artistes algériens de cette exposition.
Aujourd’hui, nos deux pays se trouvent confrontés à un même ennemi menaçant la démocratie et l’aspiration à être libres ensemble. En tentant de faire régner la peur, c’est à nos libertés fondamentales qu’il s’attaque afin d’accentuer les replis identitaires et semer les germes de la division.
Nous ne saluerons jamais assez le courage de ceux qui comme Charb et ses amis de Charlie Hebdo ont continué d’exercer leur métier malgré les menaces, préférant « mourir debout plutôt que vivre à genoux »
Avec cette exposition, nous voulons rendre un vibrant hommage à tous ces créateurs qui, de part et d’autre de la Méditerranée, croient en la puissance de l’image et du dessin ainsi qu’au rire comme armes de destruction massive face à la bêtise.
Croisons nos regards et nos expériences, parlons-nous, cicatrisons les blessures. Tricotons, ensemble, le pont qui relie nos deux pays, habibi.


Mustapha BOUTADJINE
Sérial colleur et peintre né en1952 à Alger, diplômé de l’École nationale des beaux-arts d’Alger (1974) et d’un DEA en esthétique et sciences de l’art à Paris I-Panthéon Sorbonne (1984). De 1979 à 1988, il enseigne à l’École nationale des beaux-arts et à l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris.

Lounis DAHMANI
Caricaturiste et dessinateur, tout comme son complice Gyps, son humour est décapant. Ils sont tous deux auteurs des Chroniques des années de bled : Oualou en Algérie. L’histoire mêle l’Algérie d’hier et celle d’aujourd’hui, les frères ennemis du FIS et du GIA, le défunt empire Khalifa, les quatre frères Batata, islamistes évoquant les Dalton, la corruption… Toujours pour chatouiller nos zygomatiques, il publie un recueil intitulé Blagues Made in Algéria.

Yan DARÇON touche à tout avec brio et gourmandise : dessin, peinture, photographie ou collage. Il a réalisé de nombreuses pochettes de disques, décors, clips pour le label "Boucherie productions". Auteur compositeur, il taquine aussi le saxo.

GYPS
Dessinateur, caricaturiste et comédien, il découvre à ses dépens que dessins de presse et caricatures ne riment qu’avec démocratie. En Algérie en 1995, les dessinateurs deviennent la cible des islamistes et Gyps doit s’exiler. Il raconte avec humour cette période sombre dans FIS End Love. L’exilé est devenu immigré . L’ambition de Gyps rejoint la nôtre : reconstruire des ponts entre l’Algérie et la France.

Joël LUMIEN
Photographe, ancien grand reporter du journal L’Humanité, ce dionysien écume les festivals de musique, sa seconde passion, et immortalise les actes de création et de résistance sous un angle toujours inattendu.

Yann MAMBERT
Jeune et talentueux photographe du Journal de Saint-Denis, il a tiré le portrait de nombreux habitants dont certains figurent dans l’ouvrage de Benoît Lagarrigue, Portraits de Saint-Denis.

Prune MATEO
Peintre, collagiste, auteure de nouvelles de science-fiction et de poésie. Passionnée de danse, elle s’est engagée dans une recherche sur l’énergie et le mouvement.

Othmane MERSALI
Peintre, collagiste né en Algérie en 1952. Il se forme à la peinture à l’Ecole des Beaux-Arts d’Oran puis d’Alger. Il obtient un DEA d’arts plastiques à l’Université de Paris 8 avant d’enseigner à l’Ecole des Beaux-arts d’Oran. Il a de nombreuses expositions à son actif en Europe, Tunisie et Algérie où la violence le contraint lui aussi à l’exil. Après l’urgence de dire, il nous donne à voir.

REMEDIUM
De son vrai nom Christophe Tardieux, il s’est fait connaître par sa BD sur internet, Titignangnan, qui lui a valu un procès intenté par le maire du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen, qui s’est reconnu dans la caricature. Dépourvu d’humour mais décomplexé dans l’abus de pouvoir, il pousse Rémedium à quitter la commune...

Anna ROUKER
Photographe, cette dionysienne photographie la ville qu’elle connaît dans ses moindres recoins, et ses habitants, comme dans son beau livre Mémoire photographique : Visage de la Plaine . Son éthique et son empathie font jaillir l’humanité de ses portraits.

Horria SAIHI
Journaliste/photographe, membre fondatrice de l’Association de la Presse, auteure du livre Voix sans voiles, elle est aussi réalisatrice de documentaires dans lesquels elle donne la parole aux femmes en lutte pour leur émancipation. Elle fait aussi partie de ces intellectuels qui ont dû quitter l’Algérie de la décennie noire.